L'éolien

Une énergie qui séduit de plus en plus malgré les obstacles

Installer une petite éolienne chez soi pour apporter un peu d'électricité dans un abri de jardin, investir dans une éolienne performante pour réaliser des économies d'énergie… cela semble, a priori, être un bon plan. Et pourtant, à y regarder de plus près, l'affaire n'est pas toujours aussi rentable qu'on l'avait espérée. Au coût d'achat initial, il faut ajouter des frais de maintenance élevés et prévoir le remplacement de son installation au bout d'une quinzaine d'années. Mais, pour beaucoup de particuliers, investir dans l'éolien c'est réaliser un petit geste pour la planète, réduire son empreinte carbone, préserver notre environnement pour les générations futures et tout cela n'a pas de prix. Alors faut-il réellement investir dans l'éolien ? Est-ce une bonne affaire ou uniquement une question de convictions propres ?

Il existe sur le marché deux types d'éoliennes : verticale ou horizontale. Le premier type nécessite d'avoir un dispositif qui s'oriente seul face au vent. Son rendement est généralement assez moyen et il faut envisager tous les 5 ans de remplacer les pales. Son principal avantage est son prix : celui-ci est très inférieur à celui des autres systèmes. C'est aujourd'hui, le modèle le plus répandu, celui que l'on trouve sur les éoliennes géantes installées au large des côtes comme sur les installations bien plus modestes de particuliers. L'éolienne à axe vertical bénéficie de tous les vents quelle que soit leur orientation. Pour que la vitesse de rotation soit suffisante, il est nécessaire de démultiplier le mouvement donné aux pâles et cela a un coût. Ce matériel est bien plus onéreux qu'un dispositif à axe horizontal. Compte tenu de cet inconvénient de coût, il est, également, beaucoup moins répandu.

Pour ceux qui résident en ville, les éoliennes fixées sur le toit sont particulièrement adaptées. Les plus petites sont utilisées pour alimenter, par exemple, un routeur Wifi. Elles sont quasiment invisibles depuis la rue et permettent, compte tenu de leur altitude, d'obtenir des rendements tout à fait satisfaisants. Elles permettent de capter des vents alors que du fait de l'urbanisme, ceux-ci sont souvent atténués par les constructions. A la différence des modèles sur pylône, elles posent moins de problèmes de bruit compte tenu de leur éloignement des habitations.

Les éoliennes de toit ayant les meilleurs rendements ont un coût rapporté au kw très faible (3000 euros/kw pour celles ayant le meilleur rapport prix/puissance). Le retour sur investissement est ainsi beaucoup plus rapide (moins de 10 ans) alors que leur durée de vie est estimée à une vingtaine d'années. Du fait de leur accessibilité, les coûts de maintenance sont également très inférieurs aux modèles sur pylônes.

L'éolien, pour quelles utilisations ?

Les usages sont très nombreux. Une éolienne peut servir à alimenter une maison : en prime, en cas de coupure d'électricité, vous serez le seul à garder la lumière allumée ! Il suffit d'un kilowatt (et de quelques panneaux solaires complémentaires) pour disposer des mêmes conditions d'approvisionnement en énergie que sur le réseau d'EDF. C'est une réponse à ceux dont le logement est isolé et non raccordé au réseau. On voit aussi, de plus en plus, fleurir des éoliennes sur les toits des bateaux, des campings car et des caravanes. Ainsi, lorsqu'on vogue en pleine mer ou que l'on bivouaque au milieu du désert, on est assuré de disposer d'un minimum de confort pour ses usages quotidiens. L'éolien constitue un parfait substitut à l'énergie fournie par EDF.

Quelles sont les contraintes légales ?

La législation est formelle, pour pouvoir installer une éolienne, dès lors que celle-ci dépasse une hauteur de 12 mètres, il faut avoir déposé un permis de construire. Dans la réalité, les freins sont nombreux : peu de règlements de zones autorisent une telle faculté. L'éolien engendre souvent de la méfiance quant aux conditions de sécurité. Son esthétique contestable et le bruit qu'il génère sont le plus souvent considérés comme des troubles de voisinage. Peu de personnes sont disposées à accepter qu'un pylône de plusieurs dizaines de mètres de haut soit installé à proximité de sa clôture. Attention donc aux plaintes des habitants de votre quartier pour nuisance sonore ou visuelle.
Le générateur électrique est la pièce centrale du système. Vous pourrez toujours investir dans un dispositif de captation du vent ultra performant : cela ne servira à rien si parallèlement votre générateur accuse un rendement insuffisant. Son rôle est de mettre en mouvement les électrons. Pour y parvenir, certains bricoleurs utilisent des alternateurs de voiture. N'espérez toutefois pas chauffer votre maison avec de tels dispositifs ; leur fonctionnement permet tout au plus de stocker un peu d'électricité pour allumer une ampoule. La capacité d'un générateur est exprimée en watt-heure. C'est cette unité de mesure qui détermine l'efficacité réelle d'une éolienne.

Une éolienne seule ne sert à rien si on ne peut pas stocker l'énergie produite. Il faut donc que celle-ci approvisionne des batteries dont l'énergie sera utilisée à la demande. Pour les partisans d'une énergie verte, c'est d'ailleurs là que le mas blesse. Le recyclage des batteries est tout aussi couteux que polluant. C'est une donnée dont il faut tenir compte dans le calcul de rentabilité de son projet. Dans ce domaine toutefois, l'innovation est de mise : les batteries Lipo ont une plus grande durée de vie et une plus grande autonomie que les modèles au plomb. Les batteries à décharge profonde supportent un grand nombre de cycles de charges et de décharges et sont, de ce fait, mieux adaptées à l'éolien que les batteries à charge constante (utilisées principalement dans l'automobile).

Autre pièce essentielle : le régulateur. C'est lui qui fait le relai entre le générateur et les batteries. Il permet de disposer d'une énergie constante (là où le vent est, par définition, inconstant). Il évite les surtensions et apporte une charge identique. Pour surveiller son activité, on peut y adjoindre un écran de contrôle.

Comment s'effectue le raccordement ?

C'est la compagnie d'électricité qui procède au raccordement du système au réseau. Le courant ainsi autoproduit est déduit de la facture globale sous condition qu'un contrat de raccordement ait préalablement été établi. En cas d'excédent par rapport à sa propre consommation, le bénéficiaire reçoit de la part de son fournisseur une compensation financière. Cela est vrai… tout au moins sur un plan théorique, car dans la réalité, un ménage produit rarement seul toute l'énergie dont il a besoin et les tarifs de rachat sont peu intéressants pour les particuliers. La plupart des propriétaires optent plutôt pour un réseau parallèle qui diminue les apports du réseau classique sans décharger systématiquement les batteries.

Quelle est la durée moyenne d'amortissement d'une éolienne ?

On considère qu'un minimum de 15 années est requis pour amortir son investissement. Or, c'est précisément la durée moyenne d'une éolienne. Il est donc quasiment impossible même en cas de forte indexation des prix, de parvenir à récupérer sa mise de départ. L'éolien est, comme nous l'avons exprimé, plus une affaire de convictions personnelles que de finances. C'est pourquoi, celui-ci peine encore à s'imposer face au solaire qui demeure la principale source d'énergie renouvelable pour les particuliers.

N'oubliez pas de consulter notre rubrique « aides aux économies d'énergies » l'État, votre département, votre région peuvent vous aider financièrement dans le cadre des économies d'énergie.

Partager